Histoires du Sud-Ouest: à l’heure espagnole
Saison 1994-1995.
Le Tarbes Gespe Bigorre était déjà une place forte du basket français, et participait à la coupe Ronchetti, la deuxième division européenne.
L’effectif était impressionnant, avec des internationales françaises telles que Corinne Zago-Esquirol ou Halima Soussi, ou encore américaines comme Dawn Staley, Theresa Edwards ou Daedra Charles, championnes Olympiques avec le Team USA.
Au cours de cette saison, il est arrivé aux joueuses lors d’un déplacement en Espagne une aventure rocambolesque.
En janvier 1995, alors que les tarbaises montaient tranquillement dans l’avion le lundi en direction des îles canaries, pour jouer l’équipe locale de Las Palmas le mardi soir, elles ont eu la désagréable surprise de se retrouver coincées à l’aéroport de Bilbao !
En effet, le transporteur aérien faisait grève. La correspondance par Madrid fut longue, et l’arrivée à Las Palmas prévue uniquement en début de soirée le mardi. Le staff tarbais, mené par le coach Jean-Pierre Siutat, contacta la FIBA et le club espagnol afin que le nécessaire soit fait pour décaler le match au mercredi.
Le TGB arriva enfin à Las Palmas après un long périple le mardi en fin d’après-midi. L’accueil espagnol laissait à désirer, personne n’était là pour accueillir l’équipe visiteuse, et les conduire à leur hôtel.
Après avoir trouvé par leurs propres moyens l’hôtel et s’être installées, les tarbaises se dirigèrent vers la salle à 19h, comme cela avait été demandé par le staff tarbais pour un petit décrassage. Il faut dire que deux jours de voyage, ça laisse des traces dans l’organisme !
Quelle ne fut pas la surprise du TGB lorsqu’elles franchirent les portes de la salle : l’équipe de Las Palmas était en tenue en train de s’échauffer, les officiels étaient arrivés, et le public commençait à garnir les tribunes !
Une fois passée la stupéfaction, Jean-Pierre Siutat et les dirigeants tentèrent de négocier avec les dirigeants espagnols le report du match tel que cela avait été demandé au lendemain. Ils firent bien sûr la sourde oreille.
Coup de fil à la FIBA… Rien de plus…
Les tarbaises ont du se résigner à jouer le match le mardi soir, comme convenu. Mais dans leur grande mansuétude, les espagnols acceptèrent de décaler l’horaire de l’entre-deux à 22h.
Un aller-retour express à l’hôtel pour chercher les équipements de match, une rencontre disputée dans un climat tendu… Il y a d’autres manières de rentrer bien dans un match !
Tarbes s’inclina finalement de 4 points, dans une atmosphère lourde, liée au contexte du match, et selon Jean-Pierre Siutat également « au très mauvais accueil espagnol ».
A l’époque des cabines téléphoniques et du fax, l’information circulait beaucoup moins bien !
Ouip, mais on dit aussi qu’il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. “Ah bon, vous nous avez envoyé un fax ? On l’a pas reçu. Oh comme c’est dommage…”
Remarque, dans ces cas-là, au retour, tu te venges, avec le chauffage à fond dans les vestiaires visiteurs ou des WC bloqués. Ou pas de ballons pour s’entraîner… Y’a plein de moyens pour “embêter” les visiteurs (le concerto pour klaxons et cornes de brume sous les fenêtres de l’hôtel des joueurs/joueuses est également un “must” du genre…).