La force d’un groupe
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http://www.dailymotion.com/videoxdu32h http://www.dailymotion.com/videoxduc30Un document circule dans les différents bulletins des ligues régionales de basket, et à l’époque où la violence est de plus en plus palpable dans le sport, il illustre bien un malaise récurrent.
La violence se déroule sur les terrains, mais aussi aux abords de ceux-ci. Le public a parfois une part importante dans les faits d’incivilité, et malheureusement, ces phénomènes se retrouvent dans tous les niveaux, y compris le mini-basket…
Il ne s’agit pas de brocarder le public, qui est souvent le “6ème homme” qui pousse son équipe, mais au contraire de pointer du doigt certains énergumènes qui cherchent plus l’empoignade qu’autre chose ou pour qui le moindre match devient plus important que “la finale des championnats du monde”.
J’ai envie de partager ce texte avec les lecteurs de Basketsession, qui reconnaîtront peut-être une situation vécue ou vue. Sans plus attendre, le voici in extenso:
Un témoignage éloquent d’un jeune basketteur anonyme dans une revue espagnole… A méditer !
Papa, que t’arrive-t-il ?
Je ne sais pas comment te le dire, tu penses sûrement le faire pour mon bien, mais je ne peux m’empêcher de me sentir embarrassé, mal à l’aise… mal, quoi. Tu m’as offert un ballon alors que je commençais à peine à marcher, je n’allais pas encore à l’école quand tu m’as inscrit dans un club. J’aime m’entraîner la semaine, plaisanter avec mes copains, et jouer le dimanche comme les grandes équipes. Mais quand tu viens me voir jouer… je ne sais pas, ce n’est plus comme avant.
Maintenant tu ne me donnes plus cette petite tape amicale à la fin des matches, tu ne m’invites plus à manger un hamburger avec toi. Tu t’installes dans les gradins en pensant que tous sont des ennemis : insultes envers les arbitres, les entraîneurs, les joueurs et autres parents. Pourquoi as-tu changé ? Je crois que tu souffres et je ne le comprends pas.
Tu me répètes que je suis le meilleur, que les autres ne valent rien à côté de moi, et quiconque dit le contraire a tort ; ce qui compte, c’est de gagner. Cet entraîneur que tu traites d’incapable, c’est un ami, et il m’a appris à prendre du plaisir tout en jouant.
Le mec qui a joué à ma place l’autre jour, tu t’en souviens ? Oui, papa, celui que tu as critiqué tout l’après-midi parce qu’ « il ne sert à rien, même pas à porter mon sac », comme tu dis.
Ce type est dans ma classe. Quand je l’ai vu lundi, j’ai eu honte. Je ne veux pas te décevoir. Je pense parfois que je ne suis pas assez bon, que je n’arriverai pas à être un professionnel et à gagner des centaines de millions, comme tu le souhaites.
Tu m’étouffes. J’ai même pensé tout arrêter, mais cela me plaît tellement…Papa, s’il te plaît, ne m’oblige pas à te dire que je ne veux plus que tu viennes me voir jouer.

Et voilà, je reviens de l’hôtel de Région à Toulouse où j’ai assisté au tirage au sort des poules de qualifications du championnat du monde des moins de 17 ans qui auront lieu entre Rodez et Toulouse du 16 au 25 juillet.
Et on peut dire que le tirage au sort pour nos bleuettes n’aura pas été très favorable!
Laëtitia Moussard, championne d’Europe en 2001, et Emmanuelle Hermouet, capitaine du Toulouse Métropole Basket, et championne d’Europe l’été dernier étaient sur la tribune pour sceller le destin des jeunes françaises. Voici la composition des poules:
Groupe A
1-France
2- Canada
3- Japon
4- Russie
5- Turquie
6- Etats-Unis
Groupe B
1- Argentine
2- Mali
3- Espagne
4- Australie
5- Belgique
6- Chine
Les matchs du Groupe A se dérouleront à Rodez, ceux du Groupe B à Toulouse.
A l’issue des matchs de poule, les équipes classées de 1 à 4 par poule joueront les 1/4 de finales au Palais des sports de Toulouse, tandis que Rodez accueillera les équipes disputant les places de 9 à 12.
L’ouverture des championnats du monde devrait voir affronter la France aux Etats-Unis! Sacré entrée en matière…
Toutes les informations sur cette compétition sont à retrouver sur http://www.france2010.fiba.com/
Saison 1994-1995.
Le Tarbes Gespe Bigorre était déjà une place forte du basket français, et participait à la coupe Ronchetti, la deuxième division européenne.
L’effectif était impressionnant, avec des internationales françaises telles que Corinne Zago-Esquirol ou Halima Soussi, ou encore américaines comme Dawn Staley, Theresa Edwards ou Daedra Charles, championnes Olympiques avec le Team USA.
Au cours de cette saison, il est arrivé aux joueuses lors d’un déplacement en Espagne une aventure rocambolesque.
En janvier 1995, alors que les tarbaises montaient tranquillement dans l’avion le lundi en direction des îles canaries, pour jouer l’équipe locale de Las Palmas le mardi soir, elles ont eu la désagréable surprise de se retrouver coincées à l’aéroport de Bilbao !
En effet, le transporteur aérien faisait grève. La correspondance par Madrid fut longue, et l’arrivée à Las Palmas prévue uniquement en début de soirée le mardi. Le staff tarbais, mené par le coach Jean-Pierre Siutat, contacta la FIBA et le club espagnol afin que le nécessaire soit fait pour décaler le match au mercredi.
Le TGB arriva enfin à Las Palmas après un long périple le mardi en fin d’après-midi. L’accueil espagnol laissait à désirer, personne n’était là pour accueillir l’équipe visiteuse, et les conduire à leur hôtel.
Après avoir trouvé par leurs propres moyens l’hôtel et s’être installées, les tarbaises se dirigèrent vers la salle à 19h, comme cela avait été demandé par le staff tarbais pour un petit décrassage. Il faut dire que deux jours de voyage, ça laisse des traces dans l’organisme !
Quelle ne fut pas la surprise du TGB lorsqu’elles franchirent les portes de la salle : l’équipe de Las Palmas était en tenue en train de s’échauffer, les officiels étaient arrivés, et le public commençait à garnir les tribunes !
Une fois passée la stupéfaction, Jean-Pierre Siutat et les dirigeants tentèrent de négocier avec les dirigeants espagnols le report du match tel que cela avait été demandé au lendemain. Ils firent bien sûr la sourde oreille.
Coup de fil à la FIBA… Rien de plus…
Les tarbaises ont du se résigner à jouer le match le mardi soir, comme convenu. Mais dans leur grande mansuétude, les espagnols acceptèrent de décaler l’horaire de l’entre-deux à 22h.
Un aller-retour express à l’hôtel pour chercher les équipements de match, une rencontre disputée dans un climat tendu… Il y a d’autres manières de rentrer bien dans un match !
Tarbes s’inclina finalement de 4 points, dans une atmosphère lourde, liée au contexte du match, et selon Jean-Pierre Siutat également « au très mauvais accueil espagnol ».
A l’époque des cabines téléphoniques et du fax, l’information circulait beaucoup moins bien !
Parmi les anecdotes historiques du Sud-Ouest, on peut noter le retournement de situation magistral opéré par l’Olympique d’Antibes dans la course au maintien, face à Toulouse, en 1989, et en parallèle, la naissance d’un des plus grands coachs français.
Pour la saison 1988-1989, la formule du championnat de France de Nationale 1A (l’ancêtre de la Pro A) était différente de celle que l’on connait aujourd’hui.
Les 16 équipes engagées jouaient « une saison régulière » à l’issue de laquelle un classement était édité. Les équipes classées de la première à la douzième place disputaient le titre de champion de France dans le cadre de playoffs, alors que les équipes terminant à la quinzième et seizième place descendaient. Jusqu’ici, rien de neuf…
Sauf pour les treizièmes et quatorzièmes : au lieu d’être en vacances plus tôt, les deux équipes mal classées doivent lutter pour le maintien avec leurs tripes face aux meilleures équipes de Nationale 1B !
Ainsi, les équipes finissant entre la 3ème et la 8ème place de N1B ont encore toutes leurs chances de jouer la montée et rejoindre les deux premières du classement en N1A la saison suivante.
C’est ainsi que le RCM Toulouse, équipe classée 7ème de N1B à l’issue de la saison 1988-1989 peut encore espérer rejoindre l’élite nationale. Mais pour cela, il faut que l’équipe de la ville rose batte une institution du championnat de France, l’Olympique d’Antibes, 14ème de N1A.
Toulouse joua crânement sa chance lors du match aller, et fit une véritable performance en battant très largement les antibois, dont le meneur était pourtant l’ex-international Jacques Monclar.
111 à 73… Une vraie correction, quasiment impossible à remonter… Toulouse a un pied et demi dans l’élite, Antibes est condamné à la descente.
Le match retour a lieu le 1er avril 1989, veille du 32ème anniversaire de Jacques Monclar. Celui-ci va jouer aux toulousains une vilaine farce…
Entre les deux matchs, le coach d’Antibes est débarqué (ou démissionne ?), et Jacques Monclar est promu entraineur-joueur.
Pour son premier match sous son nouveau statut, il va réaliser une véritable prouesse en faisant remonter à son équipe les 38 points (!!!) de handicap, et l’emporter au retour sur un score fleuve : 127 à 88… Soit 39 points d’écart !
Les toulousains tétanisés par l’enjeu, laissent filer la qualification au second tour et la possibilité de monter. Les antibois quant à eux remporteront les deux matchs suivants face au Mans, 3ème de N1B, synonyme de maintien.
Une vocation était née pour Jacques Monclar, avec le succès qu’on lui connait. Il amènera Antibes au titre de champion de France en 1991 et 1995 entre autres.
Toulouse aura vu prendre ses fonctions un des plus grands coachs français des dernières années, à ses dépens…
Pour le RCM Toulouse, la montée sera retardée de quelques années, lors de l’épopée des Spacer’s… Mais ceci est une autre histoire !
La région sud ouest est réputée pour être une terre de rugby, où chaque village dispose de son équipe, dont les couleurs sont défendues vaillament par les joueurs.
Ce sport fait partie de la culture locale, voire même de la tradition, et il est difficile pour le basket de jouer des coudes pour exister. Pour autant, peut-on faire cohabiter ces deux disciplines en même temps ? C’est à ce périlleux exercice que s’est essayé François Gomez, coach de Tarbes.
Le 18 février 2009, Colomiers (NF1) recevait Tarbes (LFB) en seizième de finale de coupe de France. Le promu en NF1 et déjà reléguable de la banlieue toulousaine accueillait le futur finaliste du championnat de France, autant dire une promenade de santé pour ces dernières.
Si le match fut anecdotique malgré la résistance des columérines, François Gomez, a gratifié le public d’une surprise : une touche de rugby en terre d’ovalie !
Alors que l’écart était creusé en seconde période, au cours d’une remise en jeu ligne de fond, Isis Arrondo fut soulevée par ses coéquipières Isabelle Yacoubou et Liz Moeggenberg pour réceptionner une passe lobée et enchaîner le shoot sous l’air ébahi des adversaires, du public, mais aussi des officiels. Alors que le tir était raté, ces derniers ont sifflé une violation, sans trop savoir pourquoi…
Car si cette technique est propre au rugby, rien, dans le règlement, ne l’interdit en basket ! Comme François Gomez expliqua plus tard au journaliste de la dépêche du midi, « Cela a fait sourire les gens mais très sérieusement, et même si c’est un gadget, c’est une chose qui me turlupinait l’esprit depuis très longtemps. L’occasion était rêvée car on était pratiquement sûrs de se qualifier. Il fallait le tenter, histoire de voir comment allaient réagir les hommes en gris. Ils ont réagi comme prévu, donnant un coup de sifflet sans savoir ce qu’ils sifflaient, sans être capables de donner d’explication. J’ai sans doute donné aux arbitres un bon thème de stage ».
Alors, violation ou pas?
En tout cas, cela a jeté le trouble auprès des arbitres, qui n’ont pas su comment se sortir de cette situation rocambolesque. L’un d’eux déclara d’ailleurs « ce n’est pas du basket » au journal local…
Il avait raison : c’était du rugby !
BONNE ANNEE 2010 A TOUS LES BSIENS
Je vous souhaite beaucoup de réussite, de bonheur, de paniers et évidemment de victoires ^^
Si je devais retenir une image de la décennie qui vient de s’écouler, je retiendrais le dunk de Vince Carter sur Fred Weis aux JO de Sidney en 2000.
Je me souviens avoir vu cette action en direct, avec des amis qui sont venus squatter mon 23 m² d’étudiants à 6h du mat’ (décalage horaire oblige).
On a vu cette action sur ma petite télé 36cm de l’époque. On n’en croyait pas nos yeux, c’était l’action la plus folle que l’on n’ait jamais vu! Et encore il fallu le ralenti pour que l’on réalise ce dont on avait été temoins. Même dix ans après, chaque fois que je vois cette vidéo, j’ai des frissons qui me parcourent l’échine.
Ma vidéo des années 2000:
Je profite des fêtes de noël pour reprendre une activité sur le blog un peu délaissée par l’arrivée de ma petite fille!
En faisant des recherches de cadeaux de noël pour mon père, un véritable sacerdoce; je me suis arrêté l’espace d’un instant dans les librairies. Mon père est un ancien rugbyman, et je sais qu’il se délecte des ouvrages relatant les légendes et autres exploits du monde de l’ovalie. Il est vrai que ce sport a une lointaine tradition orale que l’on ne retrouve pas dans le basket… Mais n’a-t-on pas également des histoires, des anecdotes, à raconter?
C’est pourquoi j’ouvre dès aujourd’hui une nouvelle rubrique dans ce blog, dans laquelle je raconterai quelques histoires qui se sont déroulées dans mon sud-ouest natal (on ne parle bien que ce que l’on connait).
Une histoire fort peu commune se déroula en 1989.
Le BAC Mirande recevait à la Poudrière, son mythique gymnase, l’équipe d’Aix en Provence pour la demi-finale retour du championnat de France 1A (l’équivalent de la LFB actuelle).
Pour les plus jeunes qui ne l’auraient pas connu, Mirande était alors une place forte du championnat de France féminin. La cité gersoise avait gravi les échelons à grande vitesse sous la houlette de son entraineur emblématique Alain Jardel, que l’on ne présente plus, et une quinzaine d’années après la création du club, l’équipe féminine disputait le titre de champion de France.
La demi-finale du championnat de France de cette année se jouait en aller retour, avec la prise en compte du goal average.
A l’aller, Mirande s’était incliné de 5 points à Aix en Provence.
Tout le village s’était rassemblé la Poudrière, l’équivalent du chaudron de St Etienne, pour encourager l’équipe locale au match retour.
Ce match se déroula dans une atmosphère étouffante, avec une pression palpable, et alors qu’il restait une poignée de secondes, Mirande mènait de 2 points.
Malheureusement, ce n’était pas suffisant pour propulser l’équipe d’Alain Jardel en finale: il n’y a pas suffisamment de temps pour marquer au moins 4 points et l’emporter de 6, sans encaisser un seul panier entre temps, évidemment…
La messe est dite.
Sauf pour Alain Jardel.
Alors que son équipe a la possession pour une remise en jeu en zone arrière, il prend un temps-mort.
Au rassemblement des joueuses, il demande que la meneuse de jeu Nathalie Fortun marque sciemment contre son camp!
Bien que la consigne est particulière, les joueuses interloquées n’osent pas le contredire et s’exécutent.
Lors de la remise en jeu, Nathalie Fortun s’empare donc de la balle et va marquer un double pas sur son propre panier face à l’incompréhension totale des adversaires, des officiels et du public!
A cette époque, le règlement stipulait que le panier devait être accordé à la capitaine adverse: donc score nul et prolongation!
La dernière période de 5 minutes a été favorable aux gersoises d’Alain Jardel, celles-ci ont remporté la victoire de 6 points et ont ainsi gagné le droit d’aller défier le Stade Français en finale.
Pour l’anecdote, Mirande deviendra champion de France cette année-là.
La filouterie d’Alain Jardel aura obligé les instances à changer le règlement:
- Tout joueur scorant délibérément dans son propre panier se verra infligé une Faute Technique
- Il n’y aura plus de prolongation en cas de score nul dans une série de match aller-retour
- Un panier marqué volontairement dans son propre panier est annulé
Alain Jardel sera triple champion de France avec Mirande entre 1988 et 1990, avant de prendre la tête de l’équipe de France féminine en 1997.
Le club qu’il a fondé en 1975 et qu’il a amené au sommet du championnat de France 1A ne lui survivra pas. Quelques mois après son départ, le BAC Mirande mettra la clé sous la porte pour raisons budgétaires.
N’empêche qu’Alain Jardel aura marqué de son empreinte le championnat de France ce soir-là en obligeant les instances à modifier le règlement avec son entourloupe!
Ça y est, la valse des coachs a commencé, avec en particulier l’éviction de mon (presque) homonyme Lawrence Frank, coupé par les dirigeants des New Jersey Nets.
Pour l’anecdote, je m’appelle Frank, mais ça, tout le monde le sait, et j’entraine au club du Net’s (Nord-Est Toulousain).
Les similitudes s’arrêtent là, mes résultats sont meilleurs et mes dirigeants ne comptent pas m’évincer !
Cette période, disais-je, propice au changement de tacticien sur les bancs, dans les différents championnats professionnels, m’a fait penser à une petite histoire, que l’on m’a racontée à mes débuts d’entraineur. Je vais essayer de la retranscrire la plus fidèlement possible.
M.X est le nouvel entraineur d’une équipe professionnelle française qui se morfond en bas de classement. Il prend la succession de M.Y, fraîchement débarqué par le conseil d’administration du club à cause des mauvais résultats de début de saison.
Ce dernier, vidant son bureau attenant à la salle suite à son licenciement croise M.X. Il lui tend trois enveloppes numérotées, en lui disant d’en ouvrir une seule à la fois pour chaque problème à surmonter au cours de la saison.
M.X est dubitatif, mais écoute le conseil de son prédécesseur et range les enveloppes dans sa sacoche.
Le championnat continue donc avec un M.X missionné pour jouer le maintien, beaucoup d’attentes pèsent sur ses épaules.
Las, ses débuts à la tête de l’équipe se soldent par trois nouvelles défaites. L’impatience des supporters et des dirigeants commencent déjà à se faire sentir. Devant la difficulté de la situation, il décide d’ouvrir la première enveloppe remise par son prédécesseur.
A l’intérieur, il trouve ce petit mot : « c’est la faute du coach précédent »
Il prend donc acte de ce conseil, et devant les dirigeants et la presse, il n’hésite pas à descendre en flamme M.Y, coupable de n’avoir pas suffisamment bien préparé l’équipe en présaison. Ceux-ci sont à la rue physiquement, M.X doit tout recommencer pour qu’ils soient dans les clous.
En plus, M.Y a fait n’importe quoi, et les joueurs sont perdus sur le terrain, et en manque de confiance… Alors du coup, M.X doit redoubler d’efforts pour rattraper le temps perdu, mais Rome ne s’est pas fait en un jour, n’est-ce pas ?
Ces explications, bien que capillotractées[1], sont entendues par les dirigeants et les supporters, et M.X peut souffler.
Un mois plus tard, la phase aller du championnat prend fin, mais l’équipe se débat toujours au fond du classement, malgré des opportunités de victoire face à des concurrents directs pour le maintien.
De nouveau, la pression se fait ressentir sur les épaules de M.X, qui sent que ses jours sont comptés à la tête de l’équipe.
Il décide donc d’ouvrir la deuxième enveloppe afin d’avoir un nouveau sursis.
A l’intérieur de la deuxième enveloppe, il découvre le mot suivant : « les américains ne sont pas au niveau ».
Interviewé par Basketsession pour le nouveau numéro de Reverse, il lâche que les deux américains[2] sont plus là en touristes qu’autre chose, qu’ils passent leur vie au Mc do tellement ils ont le mal du pays, qu’ils ne font aucun effort d’intégration, qu’ils pourrissent l’ambiance par leurs états d’âme, et que de toutes façons, ils sont cramés, ce sont juste des gars qui jouent sur leur réputation… Si les dirigeants veulent que l’équipe se maintienne, il n’y a pas de secret, il faut virer les deux américains, et les remplacer par deux petits jeunes issus de NCAA, avec de vraies qualités athlétiques, et qui ont les crocs.
Les dirigeants prennent acte, et congédient illico presto les deux américains, dont le rendement n’était pas si mauvais pourtant.
M.X a dirigé le mécontentement sur les joueurs partant, et accueille deux américains qu’il a lui-même scouté… Promis juré, pour les matchs retour du championnat, l’équipe va cartonner !
Et au bout de cinq matchs, trois défaites de plus… La patience du public, qui déserte la salle, et des dirigeants, a atteint ses limites.
M.X se sait à nouveau poussé dans les cordes.
Il a critiqué le fond de jeu proposé par son prédécesseur, les américains qui devaient tenir la baraque, mais rien ne change, son équipe file tout droit vers la relégation.
Il ne lui reste qu’un joker : la troisième enveloppe…
Fébrilement, il décachète l’enveloppe et en retire le contenu.
Sur le papier manuscrit où il espère avoir encore une idée pour obtenir un sursis, il peut lire ces mots-ci : « prépare trois enveloppes ».
Il va sans dire que toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé n’est que pure coïncidence…
[2] Remettez l’histoire dans le contexte d’avant l’arrêt Bosman
Mon dernier post, « le nerf de la guerre », traitait de la difficulté pour un entraineur de gérer les temps de jeu. Pour illustrer mon propos, j’ai retrouvé ce texte écrit par Jacques Vergnes (dont je ne connais absolument pas la biographie), que je vous fais partager in extenso :
Quand retentit le sifflet des trois minutes, tu quittes le terrain à regret. Anonyme parmi les dix, tu t’es échauffé et l’adversaire t’a observé comme les autres, appréciant ton shoot, détaillant ton physique. Maintenant, tu sais que tu vas laisser la lumière aux autres et tu renfiles ton survêt pour prendre ta place au bout du banc.
Tu te relèveras à la mi-temps pour « toucher » encore ce ballon que tu aimes, mais tu as froid et tu es triste. Aux temps-morts, tu te lèves, porteur d’eau, un mot d’encouragement aux lèvres. Tu sais déjà si aujourd’hui tu joueras ou ne joueras pas. Jouer, Oh pas beaucoup bien sûr, mais peut-être un peu. Le manager évite ton regard et toi tu ne cherches plus le sien. Tu es seul dans ton équipe.
Le match fini, tu te rhabilles dans ton coin, enviant la sueur qui ruisselle et l’indignation bruyante d’une cinquième faute qui serait pour toi synonyme de bonheur ! Tu reprends le car du retour les yeux perdus au loin dans un rêve de dribbles et de filet qui crisse. Au prochain entrainement, pâle copie d’une compétition qui se refuse à toi, tu joueras à nouveau, te réchauffant enfin à la chaleur du groupe de l’amitié.
Moi, le manager, je voulais te dire que je pense à toi. Tu m’en veux chaque fois et me détestes souvent. Je t’ai vu pleurer, m’insulter parfois à deux minutes de la fin quand je t’ai enfin regardé. Je sais ce que tu éprouves parce que moi aussi j’ai connu le bout du banc. Il faut que tu saches que sans toi, le basket n’existerait pas et il n’y aurait pas d’équipe.
Le manager lui aussi est seul dans ce sport cruel qui exige de lui à la fois de choisir et de condamner. Il doit gommer ses amitiés, ses tendresses parce qu’on lui demande de faire en sorte qu’il tire le meilleur parti des forces et faiblesses de l’équipe qui l’entoure. Il juge, estime et décide et tout ce qui est subjectif engendre critiques et incompréhension. Aussi – et c’est humain – il se prend au jeu et manage « pour gagner », pour la petite parcelle de mérite qui lui revient dans le succès obtenu.
Je n’aurai sans doute rien changé pour toi par ce petit mot mais il fallait que je te le dise. Pour me disculper peut-être, pour toi sans doute qui, loin de moi, te sens oublié, rejeté, trahi et près de qui je n’ose m’asseoir la fête finie. Puisse l’espace d’un temps nos regards ne plus se fuir et qu’autour de toi tu rencontres plus de sourires, de chaleur et d’encouragements.
Pour qu’il fasse moins froid tout au bout du banc.
Jacques VERGNES
Com’s